Les Maillols sablés brillent d’un blanc nouveau et les arches de pierre semblent plus imposantes. On a couvert de noir les maréchaux de bronze, leur vert était passé et rongé par le temps. Les fontaines Wallace – les dernières du moins – ont aussi eu le droit à leur coup de peinture : le vert de ferronnerie de chez Leroy Merlin.
On a mis des stickers en anglais sur les bus pour dire de ne pas jeter les déchets dans la rue. Comme si c’était les anglais qui salissaient Paris.
Les clochards sont revenus. Ils puent toujours autant. À l’entrée de l’hiver, couverts de sacs plastiques pour se couvrir du vent. Un drôle de sikh enroulé dans une couette rit aux éclats devant un pub rue Dauphine.
Voilà Paris !
Merveilleuse poubelle où l’exquis et l’infâme se côtoient et fusionnent. Itération prophétique du melting pot. Tout fond et se confond en un bouillon de crasse, d’or fin et de gloriole et rien ne s’y distingue. Les clochards enivrés sont beaux comme des Maillols et les bronzes s’écaillent comme des lépreux mourants.


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