« Jures-tu fidélité, dans l’amour et la peine ? »
Et le prêtre bafouille en évoquant la mort.
« Ce jour vous choisissez d’unir votre destin
Vous étiez deux, vous serez un
Le christ en est témoin. »
Il se trompe.
En ce jour, rien n’a existé et rien ne restera. Lorsque l’univers aura l’âge de Sagan, que l’entropie aura aboli la lumière, rien n’aura existé et rien ne restera.
Tout aura existé. La chaleur dans ton ventre quand il te faisait signe, quand son regard tombait sur la courbe d’un sein, sur le ballet figé de tes grains de beauté. Les larmes refoulées, à cet autel enfin, lorsque devant cette aube vous vous êtes dit « oui ».
Cela n’a pas eu lieu, les témoins se sont tus. Les historiens sont morts et la mémoire défaille. Mais j’ai vu cet instant, j’étais près du calvaire. Quelques bandes de tulle aux couleurs du matin sous les stigmates pourpres d’un christ sur la croix.
Chéris l’instant présent. La chaleur dans ton ventre te fait sentir vivant. L’amour et la douleur, la couleur de ton sang. Rien n’aura existé ni toi ni ton amant.


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